Un moment théâtral avec Fargass Assandé

Une rencontre de deux heures avec le comédien ivoirien Fargass Assandé a été offerte à une dizaine d’élèves de seconde, intéressés par le théâtre.

 

Par un mercredi après-midi ensoleillé de janvier, certains élèves quittent l’établissement plus heureux que d’autres.Ils vont pouvoir assister à un cours de théâtre à l’Institut français, animé par un professionnel.

 

Fargass Assandé les attend devant la salle de cinéma obscure de l’Institut, qui leur servira de scène pendant quelques heures. Comme entrée en matière, les élèves s’expriment, à tour de rôle, sur le théâtre et ce qu’il représente pour chacun. Puis Fargass Assandé se met à parler de sa voix puissante, caverneuse. Et les élèves l’écoutent religieusement.

 

Enfant, Fargass n’aime pas l’école. La lecture, ce n’est pas son fort. Pour ce fils de chauffeur de taxi ivoirien, assister à une pièce de théâtre, c’est impensable. Il ne sait même pas que le théâtre existe. Tout cela n’est pas son monde, loin de son quotidien, de ses centres d’intérêt. Mais un jour, son institutrice l’emmène à une représentation de La Tragédie du Roi Christophe. C’est à cette occasion qu’il rencontre le théâtre. Une révélation. Une passion qui ne l’a plus quitté. Artiste accompli et reconnu, Fargass Assandé est aujourd’hui comédien, metteur en scène, dramaturge et acteur parfois au cinéma.

 

Son parcours incroyable laisse les élèves sans voix. C’est pourtant l’heure de monter sur scène et de s’exprimer !

 

Alors que la nervosité les gagne, les élèves prennent leur courage à deux mains, et se livrent à des exercices d'improvisation. Un homme affamé voit un étal dans la rue, rempli de nourriture.La vendeuse s’est absentée. Comment va-t-il réagir ? Autre improvisation : deux élèves sont dans une cour de récréation. L'un veut faire l'école buissonnière et l'autre essaie de le convaincre de rester. Ou encore : un boucher a vendu de la viande avariée à un homme qui revient le lendemain dans la boutique pour s'expliquer. Autant de situations qui poussent les élèves à exprimer, en peu de mots, une émotion. Avec maladresse ou justesse, timidité ou enthousiasme, les élèves se jettent à l’eau et font parler leur visage, leur corps, essaient de transmettre une intention.

 

S’en suivent des exercices de diction, d’articulation. Essayez donc de prononcer à voix haute :si 606 scies scient 606 cigares, 606 scies scieront 606 cigares. Et de répéter cette phrase sans la lire ! Pas facile, n’est-ce pas ? Essayez celle-ci : Blé brûlé blé brûlé blé brûlé... Ou encore : Dis-donc Dinon dit-on du dos d'un dindon dodu.

 

Entre rire et concentration, les muscles du corps et de la bouche s’échauffent. Les élèves comprennent que la posture du corps, la voix et l’articulation sont des éléments-clés dans la transmission d’un message. Ils apprennent non seulement à se faire entendre mais comprendre, en parlant fort et distinctement. S’exprimer avec éloquence, assurance et conviction, voilà un des bienfaits du théâtre. Mais c’est aussi d’un autre apprentissage dont il est question : celui de s’assumer en tant qu’homme ou femme, dans son corps, dans ses actes et dans ses paroles.

 

Un grand merci à Fargass Assandé pour ce beau moment de partage. Merci également à L’Institut français et l’ISJA.

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